Vous souhaitez participer aux activités de l'association ?
Poser une question ?
Contribuer sur le site ?

Contactez-nous !

Nous vous recommandons quelques sites voisins.

Visitez-les !

Nouveauté sur le site :

Galerie de photos

Les années en 7: de 1807 à 1887

1807: La maison curiale est bien mal en point.

Date : le 8 mai 1807

Maire : Cir Vaysse 

Réparation à la maison curiale : c'est la mention marginale de cette délibération. Depuis la création de la commune, les affrontements entre le curé Jean Damien Montferrand et les maires successifs sont monnaie courante. Le prêtre se plaint sans cesse du mauvais état du presbytère, le conseil municipal rechigne à y investir affirmant même que c'est son occupant qui le dégrade.

Mis en demeure par le Préfet d'effectuer des travaux, « Le Conseil municipal, vu, qu'il n'y a pas de fonds pour faire dresser le devis par des gens de l'art, délibère, de se trensporter en corps a la maison presbiterale ; ou etant assistés de Mr le maire et du secrétaire, ont fait écrire le devis estimatif, estimé par ledit Conseil ainsi qu'il suit.

au salon, il faud douse carreaux de vitre qui à 50 centimes chacun monte cy 6f 00c

a la cuysine neuf carreaux de vitre 4 50c

Passés à la chambre qui communique avec la cuysine

faud un contrevent à neuf et la moitié du cadre, s'est une petite fenêtre, estimé cy 4 00 c

plus un placart à six carreaux de vitre 10 00

Passés a la chambre qui communique au salon quatre carreaux de vitre cy 2 00 c

Montés aux grainiers

il faud une poutre de sapin au toit estimée 18 00

deux cents tuiles à canal à 10f le cent 20 00

passés au pailler et écurie

faud une poutre de sapin au toit 18 00

au plancher dudit pailler une poutre de sapin 18 00

plus 20 chevrons de 8 charges planches 90 00

500 rozeaux 5 00

quatre carmeils esparrou 2 00

huit cents clous 8 00

deux cents cinquante thuiles a canal 25 00

douze journées de maçon en tout louvrage tant de la presbitérale qui du pailler 36 00

vingt quatre journées de manœuvre 36 00

chaux et sable 28 50c

total trois cents trente un franc cy 331f 00c

Et comme il n'y pas de revenus pour parer à laditte somme : Le Conseil municipal s'adresse à la libéralité des autorités supérieures à lefet d'obtenir une imposition extraordre au marc le franc de la contribution foncière de cette commune de Caramaing... »

Ce devis est d'un grand intérêt puisque il nous décrit le presbytère qui se compose de deux immeubles bien distincts, la maison elle même baptisée presbitérale qui semble très proche de la construction actuelle et l'écurie pailler. Il nous apprend aussi que la journée de maçon est estimée à 3 francs, celle de manœuvre à 1,50 f. 

1817: Trop de malveillants à Caramaing ?

Date : 24 août

Maire: Dominique Fourcade 

La surveillance des récoltes et la rémunération d'un garde sont des problèmes récurrents. Est-ce pour sensibiliser le préfet ? Est-ce la réalité ? En tout cas, le maire Dominique Fourcade dresse à son conseil un tableau fort sombre de la situation.

« Messieurs, vous n'ignores pas que les malvellans sont en tres grand nombre que les proprietes rurales sont ravages et qun garde champetre ne sufit pas pour les arreter

Le Conseil municipal apres avoir aquiesse a la demande de Mr le maire a unanimement delibere que connaissent la probite de Charles Berger il falait le presenter a lautorite superieure pour obtenir sa nomination et que pour cequi regarde son salaire, il sera classe sur le budget de la commune et comme n'ayant point des revenus communaux qui ne consistent quaux centimes additionnels il sera reparti au marc le franc de la contribution foncière sur tous les exploitans de la dite commune presens a lassemblee »

Remarque : La délibération a été rédigée par Cir vaysse, ancien maire et officier de santé, qui faisait peu cas de l'orthographe. 

1827 : Remerciements à un élu dévoué

les signatures en 1794Date : 15 juillet

Maire : Jean Montferrand 

Les premières années de fonctionnement de l'administration communale n'ont pas été un long fleuve tranquille. Maires et conseillers valsent au gré des humeurs des préfets et des changements de régime. C'est la seule fois que je trouve, lors d'un changement, des remerciements à l'intention d'un conseiller. Il est vrai que son départ se justifie pour des raisons de santé.

L'hommage a lieu à la fin de la séance du 15 juillet destinée à arrêter le compte de gestion 1826.

« Le sieur Jean Pierre Barrière, le plus ancien membre a dit que ses infirmités et son grand âge qui le privent des organes de la vision le rendent impropre à continuer ses fonctions de membre du conseil et prie l'assemblée d'accepter sa démission.

Monsieur le Maire ainsi que les membres du Conseil municipal ont vu avec peine la démission du dit Sieur Barrière, attendu que depuis près de quarante ans, il a été l'exemple des autres pour le bien public de la Commune et qu'il mérite les Regrets de ses collègues ; mais considérant que ses réclamations sont justes et que ses infirmités l'ont privé de se rendre aux séances qui ont été convoquées acceptons sa démission et y disons droit. Prions Monsieur le Préfet de l'acepter et de pourvoir à son remplacement. »

Notes complémentaires : Jean Pierre Barrière était né le 31 mars 1764 à Caramany, du mariage de Denis Barrière, originaire de Rasiguères, et de Jeane Bedos de Caramaing.

Il avait appris à écrire, tout au moins à signer ; dès 1777, donc à 13 ans , il signe comme témoin sur le registre paroissial en inscrivant barrière fils. A partir de 1783, sa signature accompagne de nombreux actes. En 1786, il prend, comme tailleur d'habits, la suite de son père, que l'on appelait aussi Jean Denis et qui est décédé le 2 janvier alors qu'il occupait depuis l'année précédente, la fonction de deuxième consul.

Jean Pierre Barrière se marie le 22 janvier 1788 à Montfort sur Boulzane avec Jeanne Marie Pélissier dont il aura au moins cinq enfants : Rose (1788-1790), Marianne (1790), Anne (1792), Marguerite (1794), Jean Bernard (1797) qui sera maire en 1834.

En 1793, il est déjà officier municipal, c'est à dire adjoint. En tant que conseiller, en 1813, il prête serment à l'Empereur ; le 28 septembre 1814, il jure fidélité au Roy. Il est bien présent aux séances évoquées ci-dessus, celles de 1807, de 1817 et de 1827, et semble donc avoir été membre de l'administration municipale de ses origines jusqu'à la date de sa démission. Il a ainsi connu l'Ancien Régime, la Révolution, l'Empire et la Restauration.

Il décède en 1829, le 2 janvier (comme son père), à 10h, à son domicile. 

1837: Comme 1835 et 1836, l'année 1837 a aussi disparu des registres. 

la construction sur la Grand rue1847: Le maire sollicite une autorisation.

Date : 16 août

Maire : Jean Estève dit Peyrot 

C'est assez rare pour être relevé, la séance est présidée par « Mr l'adjoint au maire, Louis Vaysse, Mr le maire ne pouvant présider l'assemblée ni même prendre part à la délibération, à cause de l'intérêt personnel qu'il a dans l'affaire dont le conseil doit s'occuper. »

Jean Estève demande en effet l'autorisation de « construire à ses frais, une voûte en maçonnerie ou un pont en bois suspendus sur la rue dite la Grand rue, au chemin d'Ille, qui servira de moyen de communication entre sa maison d'habitation qui est au midi de la dite rue et une autre bâtisse servant d'écurie et de grenier à foin vis à vis de la maison et au nord sous la condition très expresse que la partie la plus basse de la voûte ou du pont sera élevée de trois mètres au moins au dessus de la surface du sol de la rue afin que cette construction là ne puisse porter obstacle à aucun passage. »

Le conseil accorde l'autorisation à son maire pour la construction d'un pont en bois et précise que cette construction devra être maintenue et conservée dans un état d'entretien parfait par le propriétaire et ses ayant cause à venir afin qu'elle ne puisse jamais compromette la sécurité publique. »

Remarque : Les plus âgés se souviennent de cette construction qui de pont en bois à l'origine est devenue une belle arche en maçonnerie. Elle était située au niveau des numéros et a été démolie à la fin des années 1950.

 1857 : La commune n'arrive pas à équilibrer ses budgets.

Date : le 14 mai

Maire : Louis Vaysse 

M.le Maire rappelle à l'assemblée que les revenus ordinaires s'élèvent à 1507,93 francs alors que les dépenses ordinaires sont de 1817,93 francs. Il manque donc 310 francs pour équilibrer le budget, somme dans laquelle est comprise (une fois de plus) l'indemnité du garde champêtre. Le conseil décide de prévoir pour cette indemnité une imposition supplémentaire de 80 francs et de faire un emprunt sur 4 ans, de 230 francs par an.

Le maire estime donc, certainement avec raison, que les années suivantes également, le budget ne pourra être équilibré, ce qui nous donne une idée du peu de possibilités financières de la commune. Une telle décision requiert la présence des plus forts imposés, c'est à dire les plus gros propriétaires. En voici la liste : Pierre Pujol, Joseph Vignaud, Bernard Barrière, Pierre Vignaud, Gabriel Julia, Joseph Saly, Martin Calvet, Jean Pierre Estève, François Delonca, Hippolyte Tressere. 

l'école des filles en 19031867 : La D 21, un enjeu majeur.

Date : le 10 février

Maire : Pierre Lacourt 

Au nord, l'administration travaille sur la D9 qui va de Latour de France à Saint-Paul en suivant la vallée de l'Agly ; au sud la D2 rejoint Ille sur têt à Sournia. Pour désenclaver Caramany et Bélesta , il suffit de les relier en créant la D21. La municipalité a bien compris l'enjeu et à de multiples reprises se positionnera pour que les choses avancent. Le prétexte invoqué cette fois-ci est la construction de la future gare d'Ille.

« M le Maire a exposé qu'il serait très avantageux pour la commune que le chemin d'intérêt commun n°21 fut mis le plus tôt possible en état de circulation, attendu que le chemin de fer qui se construit actuellement entre Ille et Perpignan sera pour elle un débouché certain et facile pour ses vins et toutes ses denrées, notamment pour les minerais de fer dont la découverte vient d'être faite sur le territoire. »

Remarque : Des découvertes de minerai de fer ont certes été faites, mais il n'est pas sûr qu’elles aient été suivies d'une exploitation dont pour le moment, il n’y a aucune trace. 

1877: Il faudrait (enfin) construire une école de filles.

Date : 15 février

Maire : François Vaysse. 

En cette année 1877, les petites filles du village vont en classe mais l'école des filles en tant que telle n'existe pas. Au cours de la séance, le Conseil votera d'ailleurs le traitement de l'instituteur, celui de l'institutrice qui existe donc bien, ainsi que la location d'un local servant d'école de filles.

En début de séance, Monsieur le Maire a donc exposé que la commune ne possède aucune maison d'école pour les filles et que, dans l'intérêt des enfants et de l'institutrice, il serait nécessaire de construire une maison contiguë à celle des garçons, du côté du levant, emplacement qui lui paraît propre à cet effet. Le conseil reconnaît « en principe » la nécessité de construire une maison d'école pour les filles... « cependant considérant d'un autre côté que la commune est déjà trop lourdement grevée et qu'il est impossible de recourir à un imposition extraordinaire, est d'avis pour remédier dans la mesure du possible à cet inconvénient de remplacer l'imposition extraordinaire par une inscription volontaire en argent, en journées de travail et en fourniture de certains matériaux »

Cela rappelle singulièrement la construction du clocher. 

la façade de l'école en 19081887 : Demande d'une ligne télégraphique

Date : 29 mai

Maire : Nicolas Dabat 

Les Carmagnols ont bien compris que pour se développer, un village doit être relié aux autres. Cela demande d'avoir des routes carrossables comme ils l'ont demandé dans la délibération du 10 février 1867, mais pas seulement.

Ce jour là, Monsieur le Maire expose les difficultés existantes pour expédier et recevoir des dépêches puisque le bureau le plus rapproché est celui de Latour de France à 14 kilomètres.

Le Conseil émet donc à l'unanimité le vœu que « l'administration fasse faire les études pour l'établissement d'une ligne télégraphique de Caramany à Latour pour connaître la part de la dépense qui incomberait à la commune et pouvoir agir ultérieurement en connaissance de cause. »

Remarque : Cette ligne sera bien construite et confiée à l'instituteur Monsieur Canredon. Elle aboutira donc sur la façade de l'école de garçons comme le montre la carte postale ci-jointe..

Source:

  • Archives municipales, registres de délibérations 

Photos:

1 et miniature: Au bas d'une délibération de 1794, on découvre la signature de Jean-Pierre Barrière alors officier municipal, du maire Charles Chauvet, du deuxième officier Gély et du curé Montferrand. Archives municipales.

2: La construction de la famille Estève-Peyrot au dessus de la Grand rue, actuel Chemin d'Ille. Cette photo a été prise en 1956. Archives familiales de Jean-François Daudigny que je remercie pour avoir bien voulu la mettre à notre disposition.

3: L'école des filles en 1903. L'institutrice est peut-être Madame Marie Vignaud, née Castel et originaire de Thuir, déjà en poste en 1899 suite à son mariage avec François Vignaud (voir l'article au tout début de la revue de presse) Exposition Mémoires d'un village par A. Vignaud

4: Carte postale de la place vers 1908. La potence en haut du mur de l'école ne peut-être que celle du télégraphe, l'électricité n'ayant été installé au village qu'en 1928. Archives personnelles.