Vous souhaitez participer aux activités de l'association ?
Poser une question ?
Contribuer sur le site ?

Contactez-nous !

Nous vous recommandons quelques sites voisins.

Visitez-les !

Nouveauté sur le site :

Galerie de photos

Les années en 6: de 1796 à 1886

1796: Une année comme la précédente absente des registres

maire : ?

Le plus ancien de nos registres de délibérations a été relié par liasses de manière assez désordonnée. L'une des liasses s'arrête bien au 31 décembre 1794 ou plutôt au 11 nivôse de l'an III. Les années suivantes manquent. Est-ce une simple perte ? Une destruction volontaire mais pour nuire à qui ?  Ou la conséquence d'une période difficile pendant laquelle la mairie ne fonctionne pas ?

1806: La commune doit trouver les salaires des gardes bois.

date : le 20 décembre 1806

maire : Cir Vaysse

La forêt est une source de revenus importante à l'époque : on y fait paître les troupeaux et on y ramasse le bois de chauffage. Celle de Balderbe autrefois propriété du comte de Maulèon Narbonne, seigneur de Caramaing est surveillée par des gardes bois. C'est la première fois que ce terme apparaît dans les registres.

Le Conseil constate que les centimes additionnels ne suffisant pas, il faut décider d'une imposition extraordinaire de 51francs 95 centimes.

La suite est plus intéressante ; elle se présente comme une sorte de revendication qui laisse supposer que ces garde bois sont plus ou moins imposés par l'administration.

Le pont rose« Le conseil municipal observe que depuis que le bois de Balderbe est sous la surveillance des gardes actuels, (il) est dévasté tous les jours par les délits qui si commetent par les communes avoisinantes et autres ; à la vue des gens de Caramaing qui n'osent dire mot, et que dans peu de tempos on n'aura plus besoin de gardes ; parce que le bois n'existera plus, ce qui le prouve est que les gardes nont fait aucun verbal contre les délinquants, bien au contraire, menasser les gens de Caramaing ; ce qui n'arriverait pas si le garde était residant dans la commune de Caramaing ; car, tant que Balderbe a été gardé, sous la surveillance des gardes champetres de Caramaing, il ne s'ait pas commis de délits comme auhourd'huy. »

La délibération est rédigée par Joseph Grand secrétaire déjà en poste au début de la révolution. Le maire Cyr Vaysse, officier de santé est lettré, même s'il est peu appliqué pour écrire, deux conseillers savent signer de leur nom, Estèbe et Gély, les autres ont fait une croix : Dominique Richard, François Foussat, Jean Estève Barthol, Guillaume Mouné, Marc Blanquier.

1816: La commune conservera son garde champêtre peu coûteux.

Date : 12 septembre

maire :Dominique Fourcade

Le préfet ayant autorisé le Conseil municipal à s'assembler extraordinairement pour désigner un garde champêtre, les élus observant que la commune était très pauvre (c'est toujours ce qui est dit) décident de maintenir dans ses fonctions le nommé Jean Bergès, sa première qualité étant «qu'il se contente d'une modique somme de quatre-vingts francs » ( il faut comprendre annuellement.)

La deuxième qualité, quand même mentionnée, est qu'il fait très bien son devoir.

Les 80 francs seront pris, bien entendu, sur les contribuables de la commune.

1826 : Il faut sans arrêt reconstruire le pont en bois sur l'Agly.

Date : 16 avril

maire : Jean Montferrand

Dans la première partie du compte rendu , le Conseil municipal répond à la demande de Monsieur le Préfet pour lui confirmer que la somme de soixante francs quinze centimes provenant des revenus communaux de l'année 1824 a bien été employé légalement. Et il s'empresse d'ajouter qu'aujourd'hui (en 1826) la commune a été dans l'obligation de « construire un nouveau pont sur la rivière l'Agly, l'autre ayant été emporté par les eaux. » Le chemin de Saint-Paul est donc coupé et « l'achat seul des trois poutres se monte à cent vingt francs qui sont dus au sieur Canavy, négociant à Caudiès. Le même conseil a délibéré à l’unanimité des voix que Monsieur le Préfet soit prié de vouloir bien autoriser monsieur le Maire à prendre pour un partie des poutres du dit pont une somme de soixante cinq francs sur les revenus communaux de l'année 1825. (et bis repetita...)

Cette année là, le conseil municipal se composait de Jean Montferrand, maire nouvellement nommé par le préfet et maréchal à forge, Jean-Pierre Barrière, tailleur d'habits, Jean Calvet, maçon, Jean Bedos, Joseph Vignaud maire précédent, Jean-Pierre Bedos Moyse, Gabriel Fourcade ex garde champêtre, tous sachant signer et Dominique Richard, cordonnier, Jean-Denis Savigneu, Raymond Fossat, crieur public, Gabriel Jasse, berger, illitérés. (C'est ainsi que les désigne le greffier ou secrétaire de l'époque dont l'écriture n'est pas celle d'un des élus.)

signatures en 1826

1836 : Encore une année qui a disparu des registres.

1846: 1/3 des enfants ne vont pas à l'école, (et les filles?)

Date : 15 mai

maire : Jean Montferrand

Depuis le recrutement de l'instituteur en 1833, monsieur Auguste Azaïs, le conseil municipal doit appliquer les dispositions de la loi du 28 juin 1833 et de la loi des finances relatives aux dépenses des écoles primaires communales. Bref, il faut se poser chaque année la question du budget scolaire.

La délibération de 1846 sort de l'ordinaire car le secrétaire de mairie, monsieur Azaïs lui-même, a mis dans la marge plusieurs notes :

1° : le nombre des élèves qui fréquentent l'école communale soit gratuitement soit en payant une rétribution est de 25.

2° : le nombre des enfants qui dans la commune sont en âge de la fréquenter est de trente huit.

Ce n'est pas indiqué mais on ne parle ici sûrement que de garçons.

3° :le produit annuel de la rétribution que le conseil municipal a fixé d'après les bases qui viennent d'être indiquées est de 360 francs.

(Ces bases sont de 1,50 francs par mois sachant que le nombre de places gratuites pour les familles les plus pauvres a été fixé à 5)

4° : la commune ne possède point de maison d'école, le conseil désirerait bien pourvoir à une telle construction, mais il ne le peut encore vu les nombreuses impositions dont cette commune est grevée.

La délibération précise bien que Monsieur Azaïs fournit le logement ce qui lui vaut une indemnité annuelle de 50 francs.

 

1856 : Construction d'une fontaine communale (ou de plusieurs?)

date : le 16 janvier

maire :Raymond Estèbe

IntéressanteLa fontaine du lion cette délibération qui nous apprend qu'en 1856 la fontaine qui alimente le village est un peu éloignée d'où la proposition de monsieur le Maire :

« Le dit Maire expose à l'assemblée que les habitants tiennent à coeur depuis longtemps d'avoir dans l'intérieur de la localité une fontaine communale ; que celle qui existe est un peu trop éloignée et que dans le cas de quelque accident fâcheux, il serait bon de ne pas manquer d'eau et de l'avoir auprès ; il a de plus fait observer qu'il se trouve une source éloignée d'environ un quart d'heure de la commune au lieu dit le Rec d'en Serène, qu'il serait très facile par le moyen d'un petit canal et et de tuyaux de la faire arriver jusque sur la place publique où l'on pourrait construire un réservoir et avoir de l'eau en assez grande quantité pour l'utilité des habitants ; que de plus cette construction serait profitable à tous, procurerait du travail à la classe indigente. »

Le conseil « vu l'état de gêne qui pèse sur la presque totalité des habitants épuisés par des impositions de toute nature qui leur ont enlevé les ressources ordinaires... décide d'établir un état de souscription volontaire payable en nature par les contribuables et calculée en argent s'élevant à la somme de mille neuf cent dix neuf francs et 25 centimes, en comptant le taux de la journée pour les hommes à deux francs, celles des femmes à un franc et celle de montures à un franc vingt-cinq centimes. Il sera néanmoins loisible à chaque souscripteur de se libérer soit en journées, soit en fournitures ou en argent selon qu'il le jugera à propos. »

Souvenons nous, c'est comme cela que le clocher a été construit quelques années auparavant.

Remarques : Nous savons maintenant que le captage du rec d'en Sérène a permis la construction d'un réservoir situé dans l'actuelle rue de la poste. Il n'a donc pas été réalisé sur la place , autrefois au carrefour de la daballada, de la rue de l'église et du chemin d'Ille. Il a aussi permis l'installation des premières fontaines en 1900. D'autres délibérations nous apprendront peut-être si cela a été fait en plusieurs étapes et donc, si la fontaine dite aujourd'hui du du lion a été la première fontaine communale et pendant quelque temps la seule.

1866 : Un geste généreux pour les pauvres (suite)... dont ils ne bénéficieront pas.

date : le 15 août

maire : Pierre Lacourt

Le 11 novembre 1865, le Conseil municipal avait décidé de placer en rente sur l'Etat les mille francs légués par la Dame Angélique Joulia, veuve du Sieur Étienne Vaysse aux pauvres de Caramany.

Cet argent n'ira pas finalement aux pauvres car quelques mois plus tard, le Conseil municipal a été saisi d’une demande du conseil de fabrique (institution qui gère les biens de la paroisse) « tendant à faire du legs fait par la veuve Vaysse un emploi autre qu'un placement en rente sur l'Etat. »

« Le conseil municipal considérant

1° que l'église est insuffisante pour la population et qu'il est de toute nécessité d'acheter la maison voisine qui fournira un prolongement indispensable,

2° que la toiture de la dite église menace ruine, ce qui est assez marqué par la courbe intérieure qui s'est produite depuis quelque temps et qui augmente progressivement,

3° qu'il y lieu d'élever la hauteur de l'église trop basse et par conséquent malsaine et que cette réparation est d'une nécessité absolue,

Est d’avis qu la fabrique de l'église de Caramany, doit faire du legs de Joulia Angélique, épouse Vaysse un emploi conforme aux besoins de l'église, c'est à dire aux réparations puisqu'elle ne possède pas d’autres revenus pour faire face à ces dépenses extraordinaires. »

Remarque : Que penser de ce revirement de situation si ce n'est que les dernières volontés de la veuve Vaysse n'ont pas été respectées et que les pauvres ont perdu beaucoup ? Par contre la paroisse a transformé sa vieille église âgée de près de 400 ans pour donner l'église que nous connaissons aujourd'hui.

1876: Bataille pour le poste de Maire

Date : 8 octobre à une heure du soir

maire : Raymond Estève au début du conseil, François Vaysse à la fin.

C'est assez exceptionnel pour être signalé. Le maire a été désigné au bénéfice de l'âge. A l'issue de son mandat Raymond Estève, élu en première position se représente mais doit faire face à la candidature de François Vaysse, élu en deuxième position. Il semble y avoir une véritable cassure au sein du conseil municipal puisque chacun dispose de 5 soutiens, car à l'époque, on élit 12 personnes.

Le nombre de votants étant donc de 12, la majorité absolue est de 7. Au premier tour du scrutin qui se fait sous la présidence du doyen d'âge François Delonca Lachau, Raymond Estève et François Vaysse obtiennent 6 voix. Et tout le monde campe sur ses positions puisqu'il en est de même au 2ème tour puis au 3ème. Le compte rendu indique donc que « Monsieur Vaysse François étant le plus âgé des deux a été proclamé maire. »

La situation est plus simple pour l'élection de l'adjoint. Un blanc ayant été constaté, la majorité absolue est donc de 6. François Delonca Lachau obtient 7 voix, Jean Gateu obtient 2 voix de même que Pierre Sabrazès.

Voici le résultat du vote des électeurs convoqué le dimanche précédent en exécution deLes fonts baptismaux du XVIeme siècle la loi du 12 août 1876 sur le renouvellement des maires et des adjoints.

1- Estève Raymond

2- Vaysse François

3- Delonca François Lachau

4- Gateu Jean

5- Sabrazès Pierre

6- Tisseyre Michel

7- Foussat Joseph

8- Calvet Pierre

9- Gély-Pierre dit Fort

10- Lacourt Joseph

11- Delonca François fils

12- Dabat Michel

1886 : Construction d'un lavoir public couvert

date : 31 juillet

maire : Nicolas Dabat

Qui pourra dire, en appréciant comme il se doit ce début de compte-rendu, que ces messieurs ne se soucient pas de leurs épouses ?

« M.le Président expose au conseil que la construction d'un lavoir couvert serait de toute nécessité pour que les femmes qui vont laver leur lessive n'eussent pas à souffrir de la pluie ni des froids rigoureux de l'hiver. Il propose au conseil de faire construire ce lavoir du côté ouest de la fontaine du bout du pont. »

Vous pensez bien que le conseil à qui l'on présente le plan et le devis dressés par le sieur Delonca Edmond, maçon domicilié à Caramany approuve la proposition de monsieur le Maire.

Rendez vous compte : grâce à cette sage décision, les femmes pourront laver les chemises et les pantalons de ces messieurs même quand il pleut et même au plus fort de l'hiver.

Remarque : Il reste à vérifier, en cherchant où peut se situer cette fontaine du bout du pont, que ce projet est bien celui du lavoir que nous connaissons en bas du village, au bout de la daballada.

Source: Archives municipales, registres de délibérations

Photos:

1: Le Pont Rose en 1989. C'est toujours à cet endroit, à quelques centaines de mètres près, que se situaient les passages sur l'Agly nécessaires au chemin dit de Saint-Paul. (B.caillens)

2: La fontaine de la place, surmontée plus tard du lion, puis réaménagée à la fin des année 1990 par les employés municipaux avec les pierres du Pont Rose. (mairie)

3: La pièce la plus ancienne de l'église, les fonts baptismaux du début du XVI ème siècle. Ils étaient donc dans l'église ancienne et ont été installés, lors des travaux des années 1880, dans la partie nouvellement construite. (P. Garcelon)

miniature: Le choeur de l'ancienne église, surélevé lors des travaux des années 1880. (P.Garcelon)