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1341: Caramany à la frontière du royaume

Roc d'en talouDepuis 1258, par le traité de Corbeil signé par les royaumes de France et d’Aragon, Caramany, comme tout le Fenouillèdes, est devenu un poste avancé français destiné à surveiller la frontière avec le comté du Roussillon voisin.
Ce nouveau rôle de sentinelle de la frontière a certainement entraîné, à la fin du XIIIème siècle un renforcement des moyens défensifs du village, le transformant en castrum. Dans son ouvrage "Châteaux et forteresses en pays cathare", Dominique Dieltens définit un castrum par un ensemble composé d’un château (castellum) ou d’une tour (turre) dominant un lieu habité (villa) entouré de fortifications (forteziis).
En 1306, c’est exactement la description que font de Caramany les envoyés du roi Philippe IV le Bel, chargés de le renseigner sur ses possessions de Caramany et d’Axat, avant d’en confier éventuellement les droits de haute justice au seigneur Pons de Caramany, désormais vivant en Catalogne mais toujours seigneur du village.
« Le castrum de Caramany est situé en Fenouillèdes, entre des montagnes ; c’est un bourg clos, qui appartient au chevalier, avec un bon mur de pierre autour, dentelé et assez résistant à la lance et au bouclier. »

Le début de ce XIV ème siècle, qualifié par D. Dieltens de "siècle de malheurs", fut marqué par des mauvaises récoltes, ensuite par la peste et comme si cela ne suffisait pas par des guerres.
« Dès 1340, la tension avec l’Aragon provoquait la mobilisation des garnisons de l’archevêque de Narbonne à Quillan, Auriac, Sigean, Villerouge, Peyriac et Gruissan ; les défenses de Caramany et de Latour de France furent renforcées. »
Et effectivement, il existe à la Bibliothèque nationale de France, un acte rédigé par l’administration royale de Carcassonne ordonnant à un chevalier de prendre le commandement du château de Caramany. Administrativement, Caramany était en effet rattaché à la sénéchaussée de Carcassonne, le sénéchal, un militaire,étant le représentant du Roi dans cette partie du territoire.

Parchemin acte 1342

Dans cet acte daté du 2 février 1341, Girard, seigneur de Roussillon, sénéchal de Carcassonne et de Béziers, décide d’envoyer sur mandement du roi, (il s’agit de Philippe VI) et pour la protection et défense de la couronne et du royaume et de ses sujets, comme capitaine commis à la garde du château de Caramany, aux frontières du Roussillon, le noble Isarn de Hautpoul, damoiseau de Pezens.
Il sera accompagné de deux hommes d’armes à cheval et six sergents arbalétriers à pied. Il ordonne par ailleurs au trésorier royal de verser au noble Isarn l’avance d’un mois de gages pour lui et ses hommes.

Nous ignorons combien de temps cette garnison est restée en poste et quelles ont été ses relations avec les habitants du castrum.

 

Illustration:  Partie du fac-similé de l'acte de l'administration royale de Carcassonne.

Photo: Philippe Garcelon. (la Roque d'en Talou, borne marquant la frontière du traité de Corbeil entre Montner et Latour de France)

Sources :

  • " Fenouillèdes, diocèse d’Alet", Albert Bayrou

Sources médiévales :

  • "Dénombrement de feux de localités :Axat et Caramany (1306)"
  • " Châteaux et forteresses en pays cathare", Dominique Dieltens, ouvrage qui nous a été prêté par Jacques Espitalier.