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Un chardon pas ordinaire

Carlina acanthifoliaC’est à même le sol rocailleux du Fenouillèdes que de juillet à septembre ce chardon se fait remarquer par une floraison de grande taille qui étale ses segments garnis d’épines autour d’une partie centrale d’un jaune doré éclatant.
En fait, il s’agit de la grande carline à feuille d’acanthe ou cardabelle , de son nom latin carlina acanthifolia ainsi nommée en raison de ses feuilles qui rappellent celles de l’acanthe.Ce qui nous parait être l’unique fleur que cette plante semble posséder en son centre, est en réalité constitué d’un très grand nombre de fleurs tubulaires serrées les unes aux autres. Cette inflorescence dite en capitule, associée à une couronne intermédiaire constituée de terminaisons nommées bractées, d'un jaune paille très luisant, rappelle effectivement celle d’une fleur unique. Parmi les différentes espèces de carline, la plus remarquable en matière de taille est bien la carlina acanthifolia, dont le capitule qui peut  atteindre 15 cm de diamètre, la place « hors concours » face à ses sœurs carline vulgaire ou carline acaule.

Les paysans avaient pour habitude de l’utiliser comme un baromètre. En effet, ils ont remarqué que le capitule se refermait lorsque le mauvais temps arrivait. Ce qui s’explique par la sensibilité de ce dernier aux variations du taux d’hygrométrie de l’air. Il y a seulement quelques décennies, il n’était pas rare de trouver des cardabelles  « baromètre du berger » clouées aux portes des granges ou des étables.
Il arrivait également aux campagnards modestes de manger les cœurs de carline à feuille d’acanthe, qui sont parfaitement comestibles;  pour cela ils récoltaient les capitules avant leur maturité et les faisaient bouillir à l’eau salée. Il existait également des recettes de cœur de carline confite à base de miel. En outre, les bergers utilisaient également cette plante pour faire cailler le lait de chèvre ou de brebis. Les croyances populaires, souvent bien enracinées dans nos terroirs voulaient également que cette plante dont la forme rappelle le soleil, soit fixée sur la porte d’une demeure afin d’éviter aux forces maléfiques issues des ténèbres, de franchir leur seuil.

Répartition grande carlineLes longues racines de cette plante, de saveur amère, étaient connues pour posséder  des vertus médicinales. Elles étaient récoltées à l’automne et séchées au soleil ou dans des étuves. Dans les pratiques de la médecine traditionnelle par les plantes, les substances actives qu’elles contiennent, sont généralement administrées sous la forme de décoctions, lorsqu’il s’agit d’utiliser leurs propriétés digestives, sudorifiques et dépuratives, de lutter contre certaines dermatoses, l’acné ou l’urticaire. De multiples autres préparations étaient proposées comme par exemple celle où l’on mélangeait 50 gr de racines séchées réduites en une fine poudre au pilon et mortier; poudre qui mélangée à un litre de vin permettait de lutter contre les effets de la grippe à raison de trois ou quatre verres administrés chaque jour, ou pouvait servir à nettoyer les plaies ou les ulcères.

De nos jours la Carline à feuille d’acanthe est devenue rare et fait partie des végétaux protégés, dont la cueillette réglementée peut être interdite par simple arrêté préfectoral. Le lien suivant pointe sur le texte de loi du 13 octobre 1989 répertoriant les espèces concernées. (Voir famille des dicotylédones)

Lien: http://www.legifrance.gouv.fr

La carte en illustration ci-contre montre la répartition géographique de cette plante qui affectionne les plateaux calcaires ensoleillés ou les prairies arides de montagne, et dont l’habitat privilégié se situe généralement entre 500 et 1800 mètres d’altitude. La Carline appartient à la vaste famille des Astéracées qui ne compte pas moins de  15000 à 20000 espèces différentes, parmi lesquelles on compte les artichauts, la laitue, la chicorée, le topinambour, la camomille, le dahlia, l’armoise ou encore l’arnica…
En 2007, une équipe de chercheurs Serbes a publié un article dans une revue scientifique de pharmacologie* où ils expliquent avoir procédé à l’extraction et à l’analyse chimique et spectrométrique de l’huile essentielle de racine de carlina acanthifolia. Ils ont montré à cette occasion ses propriétés antimicrobiennes, anti-inflammatoires, antiulcéreuses et anti-oxydantes, attestant de ce fait le bien fondé de son utilisation dans les médications traditionnelles populaires de nos campagnes aux siècles précédents.

Photo: Guy et Françoise Foulliard.

Sources :