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Les Caramany

A ma connaissance, l'histoire de Caramany, n'a jamais fait l'objet d'une publication. La relative importance de notre village n'a jamais intéressé un historien, dont la tâche, il faut bien le dire, aurait été rendu difficile par son passé agité qui a dispersé les documents dans divers points de Catalogne et de France.

Il faut donc patiemment rassembler toutes les références que l'on trouve dans d'autres ouvrages et parfois par hasard sur la toile. Cela peut aller d'une simple citation à quelques phrases et, un jour de chance, à plusieurs pages. Depuis la création de notre site en 2009, nous vous faisons part de toutes ces trouvailles dans les rubriques Histoire ou Anecdotes.

Si l'on excepte, le travail très intéressant réalisé par M Jean Tosti et ses élèves en 1986 dans la revue "d'Ille et d'ailleurs", le plus long texte découvert compte trois pages. Elles ont été écrites par Bernard Alart, archiviste, historien et philologue roussillonnais, dans un ouvrage intitulé "Notices historiques sur les communes du Roussillon" vol.1 et publié en 1868. Toutefois elles ne font pas référence à Caramany, qui hélas ne figure pas dans les notices de B.Alart, mais à la famille de Caramany. Elles sont en effet incluses dans l'histoire de Molitg, tout simplement parce que sur le territoire de Molitg était implanté le château de Paracols et qu'un certain Pons de Caramany, à qui nous faisons souvent allusion, a reçu des mains du roi  de Majorque la seigneurie de Paracols.

Voici donc le texte tel que l'a écrit et présenté (pour les mots en italique et les sources) B. Alart.

Famille de Caramany

" Les anciens seigneurs de Caramany comptaient, depuis longtemps, parmi les chevaliers des Vicomtes de Fonollet, et Huguet de Karamanh ne prend pas d'autre titre, en 1242, (Hist. de Languedoc, preuves). Cette famille qui, dès cette époque, avait déjà fourni quelques membres à la Milice du Temple du Mas Deu, finit par s'établir en Roussillon, où elle acquit une assez grande importance sous la dynastie des rois de Majorque.

Le chevalier Pons de Caramany, qui avait épousé une fille de Pierre de Villalongue, n'en avait eu qu'une fille du nom d'Hélène, au nom de laquelle il faisait une reconnaissance de fief en 1281 (16 des calendes d'avril). On le trouve ensuite en 1309, en possession du tiers de la seigneurie de Cases Noves, qu'il occupait encore en 1321. - Il fut Viguier de Cerdagne de 1303 à 1309, et lieutenant-général du Roi de Majorque de 1311 à 1314.

Casa CaramanyEn 1305, Jacques, roi de Majorque, en considération des nombreux et agréables services que Pons de Caramany lui avait rendus et lui rendait encore, donna et inféoda à ce chevalier le château de Coma, vendu au roi par feu Garner de Mosset, ainsi que le villar 1 de Stenills, compris dans son territoire, avec toutes leurs dépendances, telles que forteresses construites ou à construire, manses, cens, pacages, forêts, chasses, eaux, pêcheries, scribanie et notarie 2, et autres droits longuement détaillés. Le roi se réservait le mère et mixte empire 3, avec faculté de prendre possession de ce château dans toutes circonstances et sur simple réquisition. Après l'énoncé des conditions de la concession, le prince donna l'investiture de ce fief, en passant ses gants dans les mains de Pons de Caramany, dans la chambre du château royal de Perpignan, le 4 des cal. d'avril (29 mars) 1304, en présence  de Jacques de Muredine et de Bérenger de Calders, Chevaliers, de Raymond-Guillem, Sacristain d'Elne, de Jacques Cadell et d'Arnaud de Codalet. Le vassal prêta serment et hommage de bouche et de mains, après avoir payé, pour cette concession, dix mille sous barcelonais ( de 65 sous au marc d'argent); « et comme il est évident, ajoute le roi, que ce fief, avec le villar de Stenills et ses dépendances, valent beaucoup plus que cette somme, nous vous remettons cette plus-value, à vous et aux vôtres, à perpétuité, en témoignage de notre affection. »(Liber feudor. A, f° 90). « Le territoire du fief concédé, ajoutait le roi, confronte d'une part avec le territoire de notre château d'Eus, et d'autre part avec notre château de Paracols. » Le premier de ces châteaux fut inféodé « selon la coutume de Barcelone » à Pierre de Fonollet, le 4 des calendes de février1311, et celui de Paracols ne tarda pas à l'être, sans doute au même titre; car dans un acte du 17 des calendes de février 1313 (16 janvier 1314), nous trouvons Pons de Caramany avec le titre de Seigneur de Paracols (procur.real, registre28, f° 152). Ce personnage figure avec distinction à la cour des deux derniers rois de Majorque, et il était présent au palais royal de Barcelone, le 1er octobre 1327, lorsque Jacques II de Majorque, assisté de son tuteur, prêta foi et hommage au roi Jacques d'Aragon ( d'Achéry, Spicileg., t. III, p.713). Il approuvait encore une vente à Coma, le 14 des cal, de mars 1340, en qualité de Seigneur de Paracols. Nous n'en trouvons plus de trace, à partir de cette époque.

On voit cependant, le 29 avril 1356, noble Seigneur Pons de Caramany, seigneur de Caramany, au pays de Fonollet. Mais peut-être, n'était-ce qu'un fils du premier. En effet, Fossa nous apprend que « le noble Pons de Caramany, seigneur de Paracols, épousa Esclarmunda, fille unique d'Arnaud de Vilar, citoyen majeur de Perpignan, comme il conste 4 d'un acte du 13 août 1351 » (Mémoire pour l'Ordre des Avocats); et, d'autre part, nous voyons en 1395, la fille d'un habitant de Vilaclara réclamer des héritiers de noble Dame Sclarmunda de Caramany, un legs que cette dame lui avait fait dans son testament. Le simple rapprochement des dates semble indiquer que cette Sclarmunda ne pouvait être l'épouse de Pons de Caramany, déjà signalé par nos documents, en 1281.

Quoi qu'il en soit, il n'est question ni de Sclarmunda , ni de son mari, comme seigneurs de Paracols, dans un acte du 12 mai 1356, par lequel « Dame Philippa de Caramany, abbesse de l'Eule, et exécutrice testamentaire de Dame Sibille, veuve du chevalier Raymond Sespanyola, » afferme les revenus de Coma à Guillaume de Lernac, donzell de Caramany; et ce dernier, par acte du 12 juin1357 affermait ces mêmes revenus à Guillaume Ermengaud d'Eus, au prix de 12 liv. bar. Par an. Cette Sibille était-elle fille de Pons de Caramany, et à quel titre avait-elle possédé la seigneurie de Coma? nous ne savons; et, pour augmenter la confusion, le Livre des Bénéfices du diocèse d'Elne ( de 1556) mentionne « un Bénéfice, fondé par Pons et François de Caramany (sic) dans l'église d' Espira de l'Agli, et transféré dans l'église de la Réal. » On sait que le Prieur et les chanoines réguliers de N.-D. d'Espira furent transférés à l'église de N.-D. De la Réal de Perpignan, le 6 octobre1381; mais François de Caramany nous est tout à fait inconnu, à moins que ce ne soit le même que François de Trégura, seigneur de Molitg, en 1382. Ce sont des points que nous ne pouvons éclaircir aujourd'hui, et nous ignorons comment la seigneurie de Paracols passa de la famille de Caramany à celle de Trégura."

Notes:

  1. Vilar provient du latin villa et peut se traduire par domaine habité par un ou plusieurs feux
  2. Ces deux mots sont dérivés du latin notarius (secrétaire) et scriba (copiste, greffier); ils indiquent probablement des droits d'écriture (on dirait actuellement d'enregistrement) faits par des notaires ou des greffiers.
  3. Terme emprunté du latin imperius qui signifie juridiction. on disait "merum et mixtum imperium " et anciennement en France "mère et mixte impere" pour exprimer le pouvoir d'exercer toute justice, haute, moyenne et basse. (encyclopédie -chez Panckoucke - 1784)
  4. conster, terme de jurisprudence. Être établi de façon certaine.

Quelques remarques:

  1. B. Alart parle de confusion sur les descendants de Pons de Caramany; la date mentionnée pour le Livre des bénéfices du diocèse d'Elne ajoute à cette confusion. C'est bien la date de 1556 qui est imprimée, alors que l'auteur ne donne des références qu'au XIV ème siècle: 1356,1357, 1382. Il faut dire que, dans les caractères d'imprimerie utilisés, le 3 ressemble fort au 5. Y a t-il eu erreur de l'ouvrier typographe, erreur qui a, en plus, échappé à la relecture.
  2. C'est le premier texte rencontré qui met en évidence, grâce aux dates qu'il y a eu plusieurs Pons de Caramany, ce qui va compliquer les recherches. Un exemple: lorsque l'on prend la date de 1340, année où Pons de Caramany est seigneur de Coma, s'agit-il du premier, qui donnait un fief à sa fille en 1281 (soixante ans avant!), ou du second dont B Alart nous apprend l'existence en 1356.?
  3. Les blasons présentés appartiennent à diverses branches de la famille des Caramany. Le blason de base était , si l'on peut dire, le nôtre, "d'or au chef de gueules" . Il illustre l'article "Caramany, Karamanh, Caramaing... et les autres". La nécessité d'en créer de nouveaux impose de trouver des formes, mais on remarquera la permanence des deux couleurs, jaune (or )et rouge (gueules). Ces blasons se compliqueront encore au fil de l'histoire de la famille Caramany.


Blason caramany san pere pescador    Blason des Caramany du Roussillon    Blason attribué aux Caramany de San Pere Pescador
                   BLASON 1                                          BLASON 2                                            BLASON 3


Blason 1: Les Caramany de Sant Pere Pescador: "D'or au losange de gueules". C'est celui que l'on retrouve sur les chandeliers de la cathédrale de Perpignan (voir article les chandeliers) où il compose un blason avec les armes de Requesens, suite à un mariage entre ces deux familles.

Blason 2: Attribué aux Caramany du Roussillon: "Champ de gueules, losange d'or avec une bordure de huit pièces d'or".

Blason 3: Attribué aux Caramany de Sant Pere Pescador: "Champ d'or, losange de gueules, avec une bordure décorée de manière  irrégulière de huit pièces, quatre d'or, quatre de gueules".


Merci à Philippe Garcelon pour la recomposition de ces blasons.

Sources: