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Histoire du clocher

Le clocher de Caramany 1 Les guides touristiques sur lesquels notre commune est mentionnée, ne manquent jamais de signaler, au titre des curiosités locales, l'originalité de notre clocher.

Et il est vrai que les visiteurs sont toujours surpris par cette architecture élégante qui, au-dessus d'une tour quadrangulaire, superpose trois arcades au style oriental abritant chacune une cloche.

C'est ce style unique qui rend les Carmagnols fiers de leur clocher, à tel point qu'il est devenu, siècle de communication oblige, le signe d'identification du village, et que sa silhouette caractéristique est présente sur toutes les bouteilles des fameuses cuvées de CARAMANY. Il semble même avoir toujours été là, dominant de sa hauteur l'église paroissiale et les remparts du château pour veiller sur les habitants et rythmer leur vie laborieuse de paysans.

Et pourtant, c'est un tout jeune monument de 150 ans à peine.

Lorsque le 5 août 1830, l'abbé François BRIA- CAMO, venant d'Ille sur Têt, prend ses nouvelles fonctions de curé de Caramany, il découvre une paroisse pauvre, une église et un cimetière exigus par rapport aux 530 âmes dont il va avoir la charge et un presbytère indisponible car il est utilisé comme mairie.

Il consacrera dix huit ans de sa vie sacerdotale à Caramany, à la grande satisfaction de ses paroissiens qui lui doivent l'agrandissement du cimetière en 1841 et surtout la concrétisation d'une idée qui était dans toutes les têtes, mais qui, faute de moyens financiers, restait au stade de projet : disposer d'une horloge.

Déjà le 16 août 1842, le Conseil Municipal avait délibéré sur «la nécessité et le vœu qu'expriment les habitants d'avoir une horloge». Mais il avait constaté aussi l'impossibilité d''inscrire une telle somme sur le budget communal.

Le 10 avril 1843, ce même Conseil Municipal vote une imposition de 1800 francs: 500 francs pour l'achat d'une horloge, 800 francs pour l'achat des cloches, le reste viendra s'ajouter aux dons des habitants (en argent et en journées) «pour les travaux à faire au local où ladite horloge sera placée. » L'horloge sera commandée au Sieur Barthélémy Abadie, serrurier et horloger en gros volume, domicilié à Ille sur têt, alors que c'est une commande de deux cloches qui sera adressée à la famille Cribailler à Perpignan, dernière famille de fondeurs roussillonnais.

Ces dispositions étant prises, l'abbé BRIA se mit à l'ouvrage, traçant le plan de l'édifice et lançant les travaux.

Le clocher de Carmany 2En janvier 1845, les fondements de la tour s'élevaient à un mètre et demi de hauteur, mais le chantier s'arrêta à cause, nous rapportent les archives communales en date du 15 novembre 1848, «de la rigueur de la saison et des entraves suscitées par une administration ennemie du progrès». Tout porte à croire que ces entraves étaient importantes, car les Carmagnols, nullement découragés, durent quand même attendre jusqu'en août 1847 pour reprendre leur tâche, avec une ardeur décuplée, car fin septembre «on était arrivé en haut de la corniche».

Les modalités d'exécution du chantier feraient aujourd'hui sourire mais elles sont bien la preuve de la volonté de la population d'avoir son clocher, de même qu'elles expliquent l'attachement à l'œuvre réalisée. Les registres municipaux nous livrent de détails croustillants.

L'édifice a été construit par «prestations volontaires», c'est à dire soit en fournissant des matériaux, en particulier les pierres qu'il fallait ramener des champs en fin de journée, soit en main d'œuvre auprès des maçons affectés à la construction. Tous les habitants ont participé; de plus pour diminuer les frais, ils ont nourri à tour de rôle les maçons, faisant ainsi passer leur salaire journalier de 2,50 francs à 1,50 franc. D'ailleurs, ils firent tant et si bien «avec un zèle qui les honore», que la facture s'élèvera à moins de 300 francs.

A côté de l'abbé BRIA, architecte et chef de chantier, les documents mentionnent l'action du Maire, Jean ESTEVE-PEYROT qui «a fourni du sien pour engager ses administrés à concourir à l'achèvement d'une œuvre indispensable à la commune», de son fidèle secrétaire Auguste AZAÏS qui, «tous les jours, soir et matin se rendait au chantier pour prendre note des individus qui y étaient et les encourager au travail» et du Conseiller municipal François FOUSSAT qui «s'est imposé de faire des criées publiques, soir et matin pour appeler les habitants aux corvées».

Grâce à tous ces efforts, les travaux qui ont repris au printemps 1848 et qui concernent la partie supérieure sont terminés le 15 juin. Pour cette partie qui porte les cloches, l'abbé BRIA a été «puissamment aidé par les Sieurs Pierre CALVET et Pierre SALY-REBOTTE, maçons domiciliés et natifs de Caramany». C'est vraisemblablement au cours de cette étape de la construction qu'a été prévue la mise en place de trois cloches au lieu de deux, mais les archives communales n'apportent sur ce point aucune précision.

Horloge du clocher de caramanyLe clocher sera solennellement béni le 3 août 1848, jour de la Saint Etienne, patron de la paroisse, après vêpres par l'abbé BRIA, la cérémonie se terminant par un TE DEUM en action de grâces. Depuis ce jour-là, il n'a jamais cessé de jouer son rôle de gardien du temps et d'annonciateur des joies comme des peines.

Ce n'est que dans les années 1960, sous la municipalité de Monsieur Clément CAILLENS, que la vieille horloge mécanique à trois corps de rouage sera remplacée par une horloge électrique et qu'une pendule sera installée sur la façade sud.

En même temps un dossier d'inscription sera constitué auprès des Monuments Historiques et aboutira en 1972.

 

Le 3 août 1998, notre clocher a donc eu 150 ans, cela méritait bien une petite pensée pour ceux qui l'ont conçu, construit puis nous l'ont légué.