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Les années en 0: de 1890 à 1990

 

 Après la deuxième guerre mondiale, l'arrivée du Progrès, selon la formule employée dans les délibérations, s’accélère. La télévision rentre peu à peu dans les foyers, le réseau électrique est refait pour faire face aux nouvelles habitudes de consommation d'énergie, l’école est modernisée, la mairie se dote d'un agent technique et d'un engin de terrassement.

Mais comme partout dans le département, l'année 1940 restera dans les mémoires. 

1890 : Soutien et éloges à un fonctionnaire méritant

date : le 15 avril

maire : Nicolas Dabat 

Le 2 avril précédent, Antoine, Philippe, Firmin Canredon a réussi ses examens d' admissibilité au certificat d'aptitude pour les bourses des lycées et collèges. On imagine la fierté de son père, Monsieur Canredon, instituteur en poste dans la commune, et des élus, très peu de Carmagnols poursuivant alors des études secondaires.

Invité par Monsieur le Préfet à délibérer sur le mérite de cette demande de bourse, le Conseil municipal s'engage sans hésitation pour l'appuyer :

« Considérant que Monsieur Canredon est un fonctionnaire actif et dévoué, qu'il sait par son enseignement, faire naître et développer dans l'esprit de ses jeunes élèves les sentiments de justice et d’honnêteté en même temps que les sentiments patriotiques et de dévouement aux institutions républicaines que la France s'est données, que par ses sages et prudentes relations avec les habitants il sait faire aimer le Gouvernement républicain qu'il sert avec une fermeté à toute épreuve depuis 15 ans qu'il est dans notre commune,

Considérant que ses ressources ne lui permettent pas de faire finir les classes à son fils en vue du professorat pour lequel cet enfant a réellement des dispositions naturelles,

reconnaît à l'unanimité que la demande de Monsieur Canredon est fondée sous tous les rapports, et que pour le récompenser de ses services méritoires qu’il a rendus et qu’il peut rendre encore à la cause de la Démocratie, Monsieur le Ministre ferait acte de justice en lui accordant la bourse qu'il sollicite pour son fils. »

A noter que Monsieur Canredon assurait en plus de sa charge d'instituteur la fonction de secrétaire de mairie ; c'est donc lui qui, avant de l'inscrire sur le registre, a certainement rédigé la délibération concernée, signée par tous les présents : Tressere Eugène, Sabineu Jean, Lacourt Prosper, Foussat François, Delonca Edmond, Procope Jean, Delonca François, Saly Célestin, Armingaud Eugène, Tisseyre Michel et le Maire Dabat Nicolas.

 1900 : Participation au réseau téléphonique départemental

date : le 24 juin

maire : Nicolas Dabat 

Le Conseil municipal souhaite bien sûr que le futur réseau téléphonique départemental s'étende sur Caramany. A la demande de Monsieur le Préfet, le Conseil décide de prendre en charge la part d’intérêts incombant à la commune, soit la somme de 79,20 francs à inscrire chaque année sur le budget communal. Il est bien précisé que le département se substitue aux communes en ce qui concerne l'avance à faire à l’État et que l’État s'engage à rembourser l'intégralité de cette avance au moyen des futurs produits du réseau.

En cette dernière année du siècle, le progrès est en marche. 

1910: Il convient d'installer une passerelle digne de ce nom au Coudala.

Date : le 30 juillet

maire : Nicolas Dabat 

En cette année 1910, Monsieur le Maire nous apprend que la traversée de l'Agly au Coudala, se fait sur une seule poutre de 7,50 m de long et 0,35m de large qui repose d'un bout sur la berge et de l’autre sur un tas de cailloux. Le problème est que la moindre crue met la passerelle hors d’usage et parfois pour de longues périodes surtout en hiver. C'est bien compréhensible d'après la description.

Or, d'après Monsieur le Maire, « ce passage est d'utilité publique car il évite aux propriétaires de terres en rive gauche et et aux piétons qui se rendent journellement de Caramany aux communes voisines de Rasiguères, Planèzes et notamment au chef-lieu de canton, Latour de France, d'aller faire le tour au pont*, ce qui allonge leur parcours de trois kilomètres.

Il propose donc de construire quatre piliers en maçonnerie sur lesquels reposeraient des poutrelles . Ces poutrelles seraient retenues par des chaînes et des garde-corps, consistant en câbles ou en chaînes en fer, soutenus par des montants également en fer et scellés aux piliers, seraient placés de chaque côté. » Dépense estimée : 1350,78 francs .

Le Conseil, après avoir reconnu l'urgence de ces travaux vote une somme de 300 francs à prendre sur les bonis disponibles et demande une subvention au Conseil général.

* Il s'agit bien sûr du Pont rose édifié en 1894. 

1920: Auguste Vaisse sera le nouveau garde champêtre

date : le 15 février

maire : Paul Gély-fort 

Le 16 novembre 1919 décédait à 70 ans, Barthélémy Foussat, dit Pierre, veuf d'Angélique Laforgue. C'était le garde champêtre de la commune*. Et ce n'est que le 15 février que le Conseil municipal décide de recruter Jean, Joseph, Auguste Vaisse, âgé de 43 ans, veuf d'Elisa Calvet et cultivateur de son état, pour lui succéder.

Le nouveau titulaire prêtera serment devant le juge de paix du canton de Latour de France avant son entrée en fonction.

* C'était aussi le père de Charles Barthélémy Foussat, Mort pour la France, porté disparu le 8 septembre 1914, lors d'une bataille à Blaize sur Arzilliers. (voir l'article « les Poilus de Caramany », rubrique Histoire). 

1930: La commune "se débarrasse" du presbytère.

date : le 1er septembre

maire : Paul Gély-fort 

Cette longue délibération nous apprend que l'immeuble dénommé presbytère actuellement propriété de la commune depuis la loi de séparation des églises et de l’État de 1905, appartenait auparavant à la Fabrique de l'église, en vertu d'un don de l'abbé Montferrand, curé de Caramany et un compatriote.*

Elle nous apprend aussi que la location au desservant ne rapporte que 80 francs par an alors que la charge pour le blanchiment et l'entretien usuel représente une somme de 800 à 1000 francs par an. Et pour noircir encore le tableau il est précisé que « cet immeuble est très vieux, que la toiture et les planchers, les ouvertures sont dans un état tout à fait délabré, que de grosses réparations vont s'imposer et que la commune n 'ayant aucun revenu serait obligée de contracter un emprunt pour faire face à ces réparations. »

Dans ces conditions la vente de l'immeuble à l'association diocésaine pour 4 000 francs apparaît comme une affaire très avantageuse que le Conseil municipal s'empresse de conclure, ajoutant même que c'est « dans un large esprit de libéralisme et de tolérance » (il faut comprendre à l'égard de la religion) qu'il prend cette décision.

La signature se fera avec Monseigneur Jules Marie Louis Carsalade du pont, appelé l'évêque des Catalans et connu en particulier pour la rénovation de l'abbaye de Saint Martin du Canigou, de l'abbaye Saint Michel de Cuxa et du collège Saint Louis de Gonzague. 

*Cette affirmation est curieuse. L'abbé Montferrand, curé de Caramany de 1785 à 1816, a été en permanence en conflit à partir de la Révolution avec les municipalités successives. Il ne cessait de réclamer à la commune de faire des travaux au presbytère qui tombait en ruines, d'après lui, la commune refusant et l'accusant d'être à l'origine du délabrement de l'édifice. Ces informations sont contradictoires avec le fait qu'il en soit le propriétaire. De plus, la commune avait installé dans le presbytère un bureau et les archives communales. Jamais, Monsieur le curé, propriétaire, n'aurait autorisé cette installation.

Remarque : Dans les années 1970, le presbytère sera racheté à l'association diocésaine par la Cave coopérative de Caramany. Il deviendra le Caveau du presbytère et donnera son nom à une cuvée emblématique : la cuvée du Presbytère. 

1940: Le désastre !

date: le 4 novembre

maire : Paul Gély-Fort 

En pleine guerre, du 16 au 20 octobre 1940, le département vient d'être ravagé par de terribles inondations restées dans les mémoires sous le nom d'Aïguat de 40. On dénombre 50 morts dans les PO et 320 de l'autre côté des Pyrénées. Grâce à cette délibération, nous avons un petite idée du désastre sur la commune.

« Nos chemins d'exploitation qui constituaient un réseau routier incomparable, tous construits par le service du génie rural et comprenant trois syndicats dont trois libres et trois autorisés, sont en grande partie détruits : chaussée emportée, murs éboulés, ponts détruits, tous inutilisables et comportant des centaines de mille francs de réparations. Nos canaux d'arrosage qui faisaient vivre nos modestes cultivateurs par le fait de l'irrigation de leurs jardins potagers et champs, les canaux de la rive droite et rive gauche de l'Agly, construits en association syndicale libre et desservant une cinquantaine d'hectares, les canaux d'arrosage de la Sale et l'Horte, association syndicale autorisée et desservant de 30 à 40 hectares sont en partie détruits ; les prises d'eau sur l'Agly n'existent plus, les barrages les murs en maçonnerie ont été emportés, des tronçons de canal sur plusieurs mètres sont effondrés : en un mot c'est un désastre complet et (nous) sommes dans l'impossibilité absolue de tout remettre en état.

En outre les propriétés privées ont également subi les ravages de l’inondation. Quatre immeubles emportés, plusieurs autres endommagés, plusieurs hectares de terre servant de lit à la rivière 'l'Agly qui a changé de place, terres ravinées, murs éboulés, les dégâts sont incalculables et nos laborieuses populations complètement démoralisées. »

Le conseil municipal se joint au Maire pour demander le secours de l’État afin de remettre en état chemins et canaux et indemniser le cultivateurs.

Notons que le Pont rose, lui, a tenu  même si au dire des témoins oculaires, l'eau est montée jusqu'à hauteur de la chaussée.

Nous savons aussi que les villages ont été coupés du monde. Les Carmagnols n'avaient plus accès à Ille, le pont sur la Têt ayant été emporté, ni à Latour, la route le long de l'Agly étant impraticable. (Voir Revue de presse 1940) 

1950 : L'école est dotée d'une salle d'arts ménagers.

date : le 27 Mai

maire : Clément Caillens 

L'état de vétusté du logement de l'instituteur est source d'inquiétude : des mouvements se sont produits qui se manifestent principalement par des décollements de carrelage et de cloisons à tel point que certaines portes ne peuvent plus se fermer.

Monsieur Jules Salvat, ingénieur conseil de la commune en conclut qu'il convient de refaire entièrement les planchers.

En plus de ces grandes réparations , « Monsieur le Maire rappelle qu'il avait demandé qu'on améliore le dallage et l'éclairement des salles de classe et leur accès et qu'on dote le groupe scolaire d'une salle d'atelier et d'enseignement ménager dont l'intérêt se fait chaque jour de plus en plus sentir. »

Remarque : Cette salle d'enseignement ménager a été réalisé à l'étage, au dessus du bureau du maire, dans le prolongement de la terrasse du logement de l'instituteur. L'accès se faisait par un escalier extérieur donnant dans la cour de récréation des grands. A la fermeture de l'école, elle a abrité quelques années le club des jeunes créé en 1971. C'est maintenant, depuis les travaux de 1989, la salle du conseil municipal. 

1960: Caramany va bientôt recevoir les images.

date : le 8 janvier

maire : Clément Caillens 

Il n’y a rien à rajouter à cette délibération qui va permettre au petit écran d'envahir Caramany.

« Monsieur le Maire expose que des démarches ont été faites auprès de lui à propos de l'installation de relais de télévision capables d'alimenter la commune en images …

Le Conseil Municipal émet le vœu :

1°) Que les Pouvoirs Publics, en l'espèce la R.T.F, assurent dans les meilleurs délais la desserte en images de l'ensemble du département des P.O et qu'en tout état de cause, les engagements précis pris par la RTF soient portés rapidement à la connaissance des populations.

2)°Que soit étudié par un organisme qualifié les points d’implantation de relais de télévision capables de desservir tout le département. Un plan d'ensemble peut seul permettre la meilleure densité et la meilleure implantation de ces relais.

3°) Que le Conseil général se saisisse de cette importante question au cours de sa plus prochaine session.

Le Conseil municipal insiste sur la nécessité de tout mettre en œuvre afin que les habitants des Pyrénées Orientales puissent eux aussi bénéficier du Progrès apporté par la Télévision. » 

1970 : Le courant passera t-il correctement ?

date : 19 août

maire : Clément Caillens 

La commune prépare le grand chantier de remplacement de son réseau électrique. On parle de remplacer l'ancien 110 volts par du 220.

Ce soir là, après lecture d'un mémoire descriptif transmis par EDF, les conseillers sont dubitatifs, mais mettent les formes à leurs remarques. L'expression "techniciens éclairés" (volontaire ou pas) est savoureuse .

« Il nous paraît assez difficile de formuler des observations au sujet du dit projet, n'ayant pas techniquement étudié toutes ces questions assez complexes et que nous connaissons assez mal, toutefois plusieurs membres du Conseil municipal après diverses conversations avec des personnes qualifiées estiment qu'il serait peut-être utile que le diamètre des fils amenant le courant de Cassagnes à Caramany soit sérieusement augmenté pour favoriser le passage normal du voltage absolument nécessaire pour le renforcement du réseau, desservir régulièrement tous les usagers et assurer à tout instant le bon fonctionnement de nombreux appareils électriques en leur possession.

Or, si nous tenons compte que la ligne en question est construite depuis 1928, époque où la consommation du courant était des plus réduites et les besoins actuels nécessités par la vie moderne, on est en droit de se demander si le replâtrage prévu actuellement sera suffisant pour donner satisfaction aux nombreux abonnés.

D'autre part, la construction d’un nouveau poste branché sur la ligne qui dessert la cave coopérative et la pose du fil sur les façades, peut sans aucun doute limiter les pertes de courant constaté, mais ne peut, à notre humble avis, suppléer au manque de voltage nettement insuffisant dans les divers secteurs du village.

Il ne faudrait pas, vu la participation financière qui nous est imposé, que nous continuions à être desservi dans des condition souvent défectueuses.

Le Conseil municipal ne peut que laisser la responsabilité de cette opération aux techniciens éclairés chargés de cette activité, estimant avoir fait le réserves qui s'imposaient en cette circonstance , mais serait très heureux d'avoir de plus amples détails et renseignements sur le projet envisagé; »

Et que la lumière soit ! 

1980 : Des gîtes communaux vont être construits. 

date : le 16 janvier et le 2 février

maire : Eloi Tresseres

 Le conseil municipal envisage de créer une dizaine de gîtes et une salle polyvalente au Couillet. Ces deux séances concernent la première tranche qui comprend 8 gîtes et la salle commune.

Les élus approuvent les dossiers de demande de permis de construire, demandent l'aide technique de la Direction départementale de l’Agriculture pour le suivi du projet et retiennent la candidature de Madame Sabine de Boissieu comme architecte. 

1990: Le tracteur SAME sera remplacé par un tractopelle. 

date : le 9 mars

maire : Edgar Ubert 

Le Conseil municipal décide d'aliéner le tracteur SAME, entré en service en 1978 (voir les années en 8) pour la somme de 65 000f et de faire l'acquisition d'un tractopelle pour la somme de 348 684 francs, son choix s'étant porté sur un engin de marque FIAT ALLIS, 4 roues motrices.

Le 21 mai, afin de financer cette dépense importante pour le budget de la commune, les élus voteront une demande de prêt de 300 000 francs auprès de la Caisse régionale de Crédit Agricole.

Remarque : Au 31 mai 2020, ce tracteur Fiat est toujours en service, mais son état de fatigue assez avancé va nécessiter son remplacement. Il n'en reste pas moins qu'il a servi la commue durant trente années.

 Source :

  • Archives municipales – registres de délibérations 

Photos :

1 et miniature: La Palanca avant 1940 - exposition "Mémoires d'un village"

2 L'aiguat à Amélie les bains - wikipédia

3 vue sur Bugarach de la terrasse des gîtes du lac - service communication mairie

4 le tracto-pelle - service communication mairie