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Souvenirs d'enfance

 

Déjà en 2009, dès le lancement de son site, le Pari du lac avait publié un très beau texte de Madame Adélaïde Climens-Bertrand, intitulé A mon village. Née en 1876, fille du couple d'épiciers Aimé Climens et Honorine Gillard, elle était devenue institutrice, métier qui l'avait éloignée de son pays natal. Et c'est en 1952, à l'automne de sa vie, qu'elle avait éprouvé le besoin d'écrire selon ses propres mots « ces vers … inspirés à la suite de nostalgiques souvenirs d'enfance et de jeunesse ». Le texte toujours en ligne dans cette même rubrique (page 3) était en fait celui mis en musique pour la chorale de Caramany par Monsieur Catala, son deuxième chef de chœur. Il diffère un peu du manuscrit original que j'ai récemment retrouvé dans les archives familiales, car il avait été offert par Madame Climens au maire de l'époque, mon grand-père Clément Caillens.

Vous allez donc découvrir aujourd'hui les trois strophes manquantes et grâce à Gérard Bergès, deux autres poèmes dénichés dans les papiers de ses parents. Ils ont été écrits par Fernande Estève épouse Brutus, une autre Carmagnole de naissance, partie vivre à Perpignan.

Le premier, Mon village, en une seule strophe aux rimes libres évoque l'enfance, l'autre intitulé Souvenirs est assez proche par le fond, et par la forme, neuf quatrains en alexandrins, de celui d’Adélaïde Climens.

Tous témoignent comme chantait Jean Ferrat « de l’innocence, du bonheur d'être et d'un temps doux », dans un village animé, propice à l'insouciance et permettant de s'épanouir librement, un village qui a suscité un attachement profond tendrement exprimé dans ces vers.

 Le château et l'église

A mon village d’Adélaïde Climens (quatrains manquants lors de la première édition)

 

… Puis ta petite église aux vitraux scintillants

Et sa cloche fidèle aux sons retentissants.

 

Ce qui m’émeut surtout, quand revient le printemps,

Ce sont tes pêchers roses et tes amandiers blancs,

L'eau claire de tes sources, le murmure des ruisseaux

Et le doux gazouillis de tes jolis oiseaux.

 

J’admire les fleurettes de tes prés verdoyants

Où se posent en foule les papillons tremblants.

En été, sur les arbres, tous tes beaux fruits vermeils

Mûrissant, lentement, sous les feux du soleil.

 

Un jour, je te quittai pour « suivre mon destin ».

C'est, dit-on, une loi qui régit les humains.

Dans cette prison sombre, au milieu d'inconnus,

Que j'avais l'âme triste en ne te voyant plus !

 

Lorsqu'en juillet torride près de toi j'accourrais …

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Mon village, poème signé F B, Fernande Brutus

 

Connais-tu ce village

Juste au pied des Corbières

Où, parmi ses rochers

On cueille la bruyère.

Le jeudi nous allions

Garçons et filles en bande

Y jouer jusqu'au soir

Inventant des légendes.

fête localeParfois quelque corbeau

Effrayé par nos cris,

Partait en croassant

Retrouver ses petits.

Grimpés sur les rochers

Nous dominions la plaine

Et par un temps très clair,

Nous pouvions voir la mer.

Ce tout petit village

Berceau de mon enfance,

N'est pour d'autres que moi

Qu'un petit coin de France...

Les années ont passé...

La ville attirante

A pris notre jeunesse,

Laissant nos souvenirs

Se mourir de vieillesse

Dans ce petit village

Perdu dans les Corbières

Où fleurit chaque année

l'immortelle bruyère.

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Souvenirs, vers composés par Madame Brutus, née Estève Fernande Perpignan-Caramany 1966 (mention de l'auteur)

 

Dis-moi mon village, lieu de ma naissance

Toi qui berças mes jours, mon adolescence

Pourquoi ces souvenirs se réveillent en moi

En mettant dans mon cœur aujourd'hui cet émoi.

 

La rue du clocherMais dans ce miroir nous voici face à face

En fouillant dans les temps et les années qui passent

Et marchant tous les deux au hasard du chemin

Mille choses nous apparaissent soudain.

 

T'en souviens-tu dis, quand le jour de ta fête

Paré illuminé, musique en tête

Tu te dressais bien fier, légèrement ému

Lorsque les musiciens défilaient dans tes rues.

 

C'était un jour de joie; aux jeunes et aux vieux 

Le vin de ton terroir faisait briller les yeux

Le soir pour finir dans une ronde folle

Les couples joyeux dansaient la farandole.

 

Ce jour-là tu étais oh ! village chéri

A mon regard d'enfant, vraiment le plus joli.

Un jour je t'ai quitté, mais souvent près de moi

Tel un ami très cher, tu venais quelquefois.

 

Avec toi je partais seule et sans bagages

Je revoyais alors à travers un mirage

Tes vieux toits et tes rues pénibles à monter

Obscures, silencieuses lorsque la nuit tombait.

 

J'allais me promener, rêvant dans la nature

En regardant couler la source qui murmure

Écoutant en passant le duo des oiseaux

Ou bien le vent du soir frémir dans les roseaux.

 

Caramany dans son nidA mes yeux s'estompait la chaîne des Corbières

Le soleil descendait derrière les bruyères

Tandis que l'Angélus sonnait au clocher

Un peu de nostalgie venait nous séparer.

 

Nous avions fini notre pèlerinage

Mais de ces souvenirs pour en garder l'image

Près de toi je viendrai souvent si tu le veux

C'est si bon de rêver surtout quand on est deux.

Photos:

1 Le château et le clocher - Philippe Garcelon

2 Un jour de fête - Exposition Mémoires d'un village"

3 La rue du clocher - Thierry Daudigny

4 et miniature Caramany dans son nid - Bernard Caillens