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Les anoures font coââ...coââ...coââ...

Sortie nocturneC’est au pied des remparts du château de Montalba, à quelques kilomètres de Caramany, qu’un soir de mai j’ai eu l’opportunité de rejoindre des membres du GOR.(Groupe Ornithologique du Roussillon).

Lien:http://gorperpignan

Cette association vouée à la protection de la nature et de l’environnement  joue également un rôle pédagogique. A ce titre, elle proposait une sortie nocturne pour observer des anoures, (un des trois groupes qui compose la classe des amphibiens, anciennement nommés batraciens) sur un de leurs lieux de reproduction.

Je ne connaissais alors ces animaux que pour en avoir aperçu parfois au gré de mes promenades, sans pour autant m’y être intéressé plus particulièrement. Cette sortie allait donc être pour moi l’occasion de combler une lacune et de partager ici le fruit des investigations dans lesquelles ces petites créatures ne manquèrent pas de m'entrainer.

Sortie nocturne:

Après avoir rejoint le plateau granitique situé non loin du site archéologique de Ropidère, nous découvrons une succession de petites mares que nous nous proposons d’explorer. Nous avons dû chausser des  bottes de caoutchouc et nous munir de lampes frontales avant de pouvoir nous aventurer dans les touffes d’herbes hautes qui bordent ces grosses flaques d’eau dont la quasi-totalité sera condamnée à l’assèchement avant d'avoir atteint le milieu de l’été. Fort heureusement, d’ici là, ces mares dites « temporaires » auront rempli leur fonction; celle de permettre à toute une population de batraciens et de coléoptères dulçaquicoles (Insectes aquatiques d’eau douce) de se reproduire.

Dès les premiers coups de lampe dirigés vers les bords d'une mare baignée d'un fin nuage de brume, nous sommes accueillis par des nuées de têtards dont la présence confirme que nous sommes bien sur des lieux de reproduction. Ici ou là nous apercevons quelques larves de dytiques qui remontent à la surface de l’eau troublée par nos pas pour refaire leur provision d’air. Nous avons dû en premier lieu également canaliser un enthousiasme suscité par cette situation un peu inhabituelle, pour apprendre à approcher silencieusement les batraciens. En effet, force est de constater qu’au fur et à mesure de notre progression, passablement bruyante, leur chant s’arrêtait pour ne reprendre qu’une fois que nous nous étions suffisamment éloignés. Cette attitude défensive de la part de ces animaux n’était pas sans me rappeler celle à laquelle j’avais eu à faire face pour approcher des cigales dans l'espoir de pouvoir les photographier.

rainette chantC’est donc avec précaution que nous évoluons, guidés à la fois par notre animateur Lionel Courmont mais aussi par les coassements émis par les pensionnaires des lieux qui nous permettent enfin de localiser une  rainette que nous pouvons alors commencer à observer.

La rainette méridionale:

Nous sommes en présence d’une rainette méridionale hyla meridionalis identifiable par rapport à une rainette verte commune hyla arborea ou vulgaris, par l’absence de bande brunâtre sur les flancs ainsi que par un museau plus allongé. La rainette méridionale ne possède qu’une petite tache brune entourant son oeil et qui  se prolonge jusqu’aux tympans. Cette rainette ne séjourne dans les milieux aquatiques que pendant sa période de reproduction qui s'étale environ sur trois mois à partir du début du  printemps. C’est aussi à cette époque que débute le chant du mâle qui a pour but d’attirer à lui une femelle. Son coassement se présente comme une succession de sons rauques, sensiblement plus espacés que ceux émis par la rainette verte et qui peut se prolonger jusqu’au milieu de l’été.

Chant d'anoure, chant d'amour:

Pour émettre son chant, le mâle inspire l’air qui gonfle ses poumons en faisant enfler son abdomen  puis, il l’expulse puissamment vers le sac vocal  situé sous sa bouche en faisant vibrer ses cordes vocales. Le sac vocal ainsi gonflé, joue un rôle de caisse de résonance. Ses  dimensions peuvent, à leur maximum, dépasser la largeur de la tête de l’animal comme l'illustre l'image ci-contre. Ainsi amplifié par le sac vocal, ce chant pourra être perçu à plusieurs centaines de mètres de distance. Ce sac dont la femelle est dépourvue forme une sorte de double menton sous la bouche du mâle ce qui permet ainsi de l’identifier. Seules les rainettes et les crapauds possèdent leur sac vocal sous la bouche. Les grenouilles mâles ont les leurs situés de part et d'autre de leur bouche à la commissure des lèvres.

Les rainettes s’accouplent la nuit en adoptant une posture nommée amplexus axillaire dans laquelle les pattes du mâle tiennent la femelle serrée au niveau des aisselles. Cette position est en réalité un faux accouplement car le mâle ne pénètre pas la femelle. Il s’agrippe simplement sur le dos de cette dernière et se laisse ainsi transporter, tout en lui appuyant sur le ventre pour l’aider à expulser ses œufs.

Accouplement rainettesUne rainette pond en moyenne de 200 à 1400 œufs d’environ 1 à 1,5 mm de diamètre. Durant la ponte, fragmentée en amas de 10 à 30 œufs, le mâle dépose son sperme sur les œufs pour les féconder. Les œufs sont recouverts d'une sorte de gélatine qui les protège et leur permet de se fixer à des herbes ou à des  brindilles. Après l’éclosion des œufs (un peu plus d'une semaine pour les rainettes), la métamorphose de l'embryon en têtard puis du têtard en rainette va débuter. Durant cette période apparaîtront successivement les branchies puis la queue se musclera pour permettre au têtard de se déplacer. A ce stade, les têtards de moeurs grégaires voient évoluer leur régime alimentaire qui jusqu'alors était exclusivement herbivore. Ils vont alors pouvoir manger des morceaux de larves ou d'insectes. Ensuite, ce seront leurs pattes postérieures qui se développeront à partir de bourgeons puis, suivront les pattes antérieures. La bouche de l'animal va également se développer fortement. Et la queue disparaîtra au fur et à mesure où le corps évoluera vers sa forme définitive. Ce processus de transformation durera environ trois mois avant que n'apparaisse une rainette bien formée. Sa maturité sexuelle, en revanche, ne sera atteinte qu'à partir de sa troisième année.

Anatomie des rainettes:

La famille des anoures à laquelle appartiennent les rainettes regroupe également les grenouilles et les crapauds, tous trois étant des espèces distinctes, bien qu’appartenant à la classe des amphibiens. Ce sont des animaux à sang froid dont le corps prend la température du lieu où ils vivent. Parmi d’autres particularités propres à chacune de ces espèces, les grenouilles disposent de pattes longues et musclées qu’elles replient en forme de « Z » et qui se détendent pour permettre à l'animal d'effectuer des bonds de plusieurs décimètres alors que les crapauds qui ont des courtes pattes trapues sont en revanche réduits à ramper, à courir ou à effectuer exceptionnellement de petits sauts très maladroits .

Les rainettes possèdent quant à elles de pattes qui leur permettent d’effectuer des bonds pouvant atteindre 50 cm à plus d’un mètre suivant les espèces. Ces dernières sont aussi dotées de disques adhésifs situés à l’extrémité de leurs doigts qui leur permettent de grimper et de se maintenir sur des surfaces verticales parfaitement lisses comme des parois de verre. Ces extrémités sont enduites d’une sorte de colle visqueuse sécrétée par des glandes spéciales. En outre, la peau ventrale de la rainette possède une texture granuleuse aux propriétés antidérapantes. La peau des anoures diffère selon les espèces; celle de la grenouille est lisse et fine alors que celle du crapaud est sèche et verruqueuse bien que douce au toucher comme du velours, tandis que celle des rainettes est gluante, légèrement humide et lisse sur la partie dorsale.

Grenouille rousseDes animaux "sensibles":

Pour survivre, les anoures savent exploiter leurs sens. La position de leurs yeux situés sur la partie supérieure de tête leur permet de voir dans toutes les directions, y compris derrière eux.Leur audition est très fine et bien que les sons ne soient pas collectés par une oreille externe, ils parviennent directement à leurs tympans qui sont de très grande taille, relativement à celle de l’animal. Ces tympans disposés à fleur de peau leur permettent de distinguer le moindre bruit ou frémissement.Sur l’image ci-contre, on distingue les tympans d’une grenouille formant des espèces de disques sombres, situés au-dessous et en retrait des yeux dans le prolongement de la bouche.

Leur odorat les renseigne sur le lieu où ils se trouvent et détecte la présence de certains de leurs prédateurs. Leur goût est très sûr et leurs papilles gustatives situées sur le devant de leur langue leur permettent d’identifier les nourritures comestibles et de recracher immédiatement celles qui pourraient leur être nocives.

Les biologistes utilisent les anoures comme cobayes pour leur travaux de recherche car ces animaux disposent d’un système nerveux, osseux, musculaire et  digestif comparable à celui de l’homme.

Les anoures ont pour autre caractéristique commune leur habitat aquatique durant leur phase larvaire et terrestre une fois le stade adulte atteint. Ils ont également la particularité de perdre leur queue à l’état adulte, ce qui n’est pas le cas pour d’autres amphibiens comme les tritons ou les salamandres. L’image de droite montre la "remise à l’eau" d’un triton marbré.

Une autre particularité des anoures réside dans leur respiration qui se fait de trois manières au cours de leur vie. A l’état de larve, les têtards respirent comme des poissons à l’aide de branchies qui chez l’adulte se sont transformées en poumons rudimentaires constitués de sortes de petits sacs cloisonnés. Cette respiration s’effectue également à travers leur peau en permanence humide grâce au mucus qui la recouvre, ce qui autorise un transfert de l’oxygène contenu dans l’air.

Triton marbréLes anoures hibernent durant les périodes froides et peuvent dans certains cas se mettre en état de léthargie lorsqu’ils ont à traverser de longues périodes de sécheresse ou de forte chaleur. Ils sont capables de se priver de nourriture pendant une à deux années. Leur durée de vie moyenne est de cinq à huit ans, elle approche un peu plus d’une décennie chez le crapaud calamite. Les observations sur la durée de vie de ces animaux font apparaitre une longévité bien supérieure lorsqu’ils sont élevés en captivité, probablement parce qu’il y sont mieux protégés de leurs prédateurs et qu’ils bénéficient d’apports alimentaires plus réguliers. Certains crapauds peuvent alors vivre plusieurs dizaines d’années.

Origines des anoures:

Les ancêtres des anoures peuplaient la Terre  bien avant nous. Leur origine remonte à la période géologique du Dévonien (- 400 millions d’années) également appelée « Age des poissons » car, c’est au cours de cette ère que des poissons à épine dorsale ont évolué vers des formes transitoires qui les ont conduits à quitter progressivement les milieux aquatiques et à se transformer en tétrapodes (Animaux dotés de quatre membres).

Ainsi les amphibiens furent les premiers vertébrés à être capable de vivre sur la terre ferme, ce qui allait totalement bouleverser l’évolution de la vie animale. Le climat était alors chaud et la végétation semi-aquatique rampante s’effaçait au profit de plantes capables, elles aussi, de survivre hors de l’eau. Les fossiles d’amphibiens retrouvés dans des couches géologiques s’étendant du Dévonien au Carbonifère ont des formes et des tailles très variées. Les plus petits spécimens mesurent quelques centimètres alors que les plus grands peuvent atteindre plusieurs mètres de longueur. C'est le cas d'un Brachyopoïdes, dont le squelette retrouvé en Australie mesurait 2,70m et laissa supposer que cette sorte de salamandre géante pouvait atteindre 5 à 6 mètres de long.


Par exemple, si on considère les représentations imagées établies par les paléontologues à partir de fossiles, l’ichtyostéga (image ci-contre à gauche)retrouvé au Groenland dans des couches datées à 362 millions d’années pouvait atteindre 1.35 mètres de long et ressemblait encore à un poisson dont les membres servaient à marcher au fond de l’eau entre les plantes aquatiques alors que le gerobatrachus hotoni (image ci-contre à droite)dont les fossiles retrouvés au Texas datent de 290 millions d’années sont de dimensions bien plus réduites et commencent à rappeler la forme de nos actuels amphibiens.

Tout au long de leur évolution et de leur vie, les anoures ont à faire face à de multiples prédateurs. Les têtards font le régal des larves de libellules mais aussi des martins-pêcheurs ou des jeunes brochets qui s’en repaissent dans les zones herbeuses en bordure des étangs. Les reptiles comme les couleuvres aquatiques sont également de grands chasseurs d'anoures adultes, tout comme le héron, la cigogne, le martin-pêcheur ou certains mammifères terrestres comme le renard, la loutre, la belette...

Cependant le plus grand prédateur de ces amphibiens est l’homme qui, à travers ses pratiques agricoles et son mode de vie, engendre de nombreuses pollutions. Les pesticides mais également les engrais ont des effets dévastateurs sur les anoures.  Les chercheurs ont constaté que certains anoures mâles intoxiqués par des produits phytosanitaires peuvent aller jusqu’à subir une mutation qui se traduit par un changement de sexe assorti de stérilité. La déforestation, les pluies acides et les nombreuses atteintes irréversibles que nous faisons subir à leur habitat ont également un rôle important dans la disparition progressive des anoures. Enfin le développement de la terrariophilie conduit certains amateurs ou professionnels peu scrupuleux à effectuer des prélèvements d’individus durant leurs périodes de reproduction pendant laquelle leurs fortes concentrations les rendent particulièrement vulnérables.

Menaces sur les anoures:

La rainette méridionale est donc menacée par la destruction de son habitat, en particulier par les assèchements de zones humides dans les secteurs touristiques. En France son habitat s’étend sur une bande qui s’étend de l’Atlantique (Gironde) jusqu’à la Méditerranée. (voir carte en fin d'article).

Rainette méridionale

A l’état adulte elle passe la plupart de son existence loin de l’eau contrairement à la grenouille verte avec laquelle on la confond parfois, bien que cette dernière soit de plus grande taille. Sur la photo prise dans un jardin de Caramany, une rainette méridionale profite de sa couleur comme d’un camouflage pour évoluer à proximité des feuilles d’un pied d'artichaut à proximité duquel elle semble avoir élu domicile. Elle passera ainsi sa vie hors de l’eau pour se nourrir de fourmis, de petits coléoptères et de toutes sortes de larves et n’hésitera pas à escalader les buissons ou se « percher » sur les branches des arbres pour chasser ses proies.

Grenouille de PérezLors de notre sortie nocturne nous avons cherché sans succès un crapaud calamite bufo calamita. Cependant, le lendemain au cours d’une balade tardive à proximité de la cave viticole de Caramany. La nuit venait de tomber lorsque sur le bitume en bordure de la route, j’aperçus une forme sombre et inerte que je pris initialement pour un caillou.

En m’approchant dans l’obscurité je parvins pourtant à distinguer vaguement la forme d’une grenouille. J’eus à peine le temps de prendre une photographie sans même voir clairement l'objet ou l'animal que je visais. Ebloui par le flash, j'eus à peine le temps d'apercevoir une ombre furtive disparaitre rapidement en direction de fossé.

Ce n'est qu'une fois l’image déchargée sur mon ordinateur que je vis apparaitre une grenouille de Pérez verte (Pelophylax perezi),caractérisé par une bande vertébrale claire et ses replis latero-dorsaux brun/bronze . Cette espèce se rencontre du niveau de la mer jusqu'à 2 380 m d'altitude dans toute la péninsule Ibérique (Portugal et Espagne) et au-delà des Pyrénées en France vers le nord-ouest, dans une bande longeant l'Atlantique jusqu'en Vendée et vers le sud-est le long de la Méditerranée.

Des mesures sont timidement prises par les pouvoirs publics sous la pression des associations pour limiter les carnages que subissent les anoures de la part des automobilistes dont les roues écrasent des milliers d’individus qui ont le malheur de devoir traverser une route pour migrer vers leurs lieux de reproduction. Des dispositifs de sauvetage commencent à être implantés dans des zones migratoires. Nommés « crapauducs » ils se présentent sous la forme de galeries creusées sous les routes concernées afin que les anoures puissent les franchir sans encombre. Dans d’autres endroits les anoures sont piégés dans des récipients disposés sur leurs passages pour ensuite être relâchés de l’autre côté des obstacles à franchir. Mais cette dernière méthode qui nécessite la mobilisation de bénévoles ne peut être considérée comme pérenne.

La législation, protège certaines espèces d’amphibiens dont, les rainettes méridionales « hyla meridionalis » et les crapauds calamite « bufo calamita ».
Un arrêté du 02 novembre 2007 stipule entre autre :


"I - Sont interdits, sur tout le territoire métropolitain et en tout temps, la destruction ou l'enlèvement des oeufs et des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l'enlèvement, la perturbation intentionnelle des animaux dans le milieu naturel.

II - Sont interdites sur les parties du territoire métropolitain où l'espèce est présente ainsi que dans l'aire de déplacement naturel des noyaux de populations existants, la destruction, l'altération ou la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos des animaux. Ces interdictions s'appliquent aux éléments physiques ou biologiques réputés nécessaires à la reproduction ou au repos de l'espèce considérée, aussi longtemps qu'ils sont effectivement utilisés ou utilisables au cours des cycles successifs de reproduction ou de repos de cette espèce et pour autant que la destruction, l'altération ou la dégradation remette en cause le bon accomplissement de ces cycles biologiques.

III - Sont interdits, sur tout le territoire national et en tout temps, la détention, le transport, la naturalisation, le colportage, la mise en vente, la vente ou l'achat, l'utilisation, commerciale ou non, des spécimens prélevés :
- dans le milieu naturel du territoire métropolitain de la France, après le 12 mai 1979 ;
- dans le milieu naturel du territoire européen des autres Etats membres de l'Union européenne, après la date d'entrée en vigueur de la directive du 21 mai 1992
."

Répartition de l'habitat des rainettes méridionales en France (en rouge sur la carte ci-dessus à droite)

Remarques: Lors de notre sortie nous étions également accompagnés par Etienne Noiseau qui disposait de matériel d’enregistrement sonore. Sur son site internet personnel, il restitue une partie des sons qui ont accompagné notre sortie nocturne sous le titre évocateur de: "An evening with froggies". On peut y accéder par le lien suivant:http://www.beaubruit.net.

Ces enregistrements sont également en ligne sur le site d'une radio FM de Marseille "Radio Grenouille.88.8Mhz", où ils ont fait l'objet d'une diffusion: http://www.radiogrenouille.com

Photos: Philippe Garcelon